Rechercher dans ce blog

samedi 22 août 2020

HATTONCHATEL (55) - Retable de la Passion (1523), œuvre de Ligier Richier

 En pénétrant dans l'ancienne collégiale Saint-Maur d'Hattonchâtel,

les visiteurs peuvent admirer

un retable d'exception, dans la chapelle latérale.


Daté de 1523, Ligier Richier en est l'auteur ; c'est une œuvre de jeunesse.

Certains, doutant de la paternité de Richier, ont émis l'idée que ce retable
a été réalisé dans l’atelier où le jeune Ligier se serait formé. 

Le retable polychrome, réalisé en pierre de Meuse, au grain très fin,
a été commandé et financé par Gauthier Richeret, doyen du chapitre collégial
d’Hattonchâtel ; celui-ci est d’ailleurs représenté dans la troisième scène du retable,
agenouillé aux pieds de Saint-Maur, second évêque de Verdun.

Au centre, on découvre la Crucifixion ; à gauche, le Portement de Croix,
et, à droite, la Déposition du Christ.




Le Portement de Croix : 

Jésus, le visage marqué par la souffrance, porte la croix sur son épaule gauche en
s'appuyant au sol avec sa main droite. Alors qu'un soldat s'apprête à le flageller,
un autre soutient la partie supérieure de la croix. A gauche, les saintes femmes
dont Véronique, courbée, présente le linge où se trouve le visage apaisé du Supplicié.
Simon de Cyrène, à droite de Véronique, discret, presque caché,
maintient l’extrémité de la croix.










La Crucifixion :

Au sommet de la scène, le Christ crucifié présente un corps amaigri aux bras frêles,
bouleversé par la violence de la Passion. En dessous, la Vierge Marie s’effondre,
perdant connaissance, mais soutenue par saint Jean. En second plan,
une sainte femme (Sainte-Marie Salomé) tend ses bras vers le Christ, tandis que
Marie-Madeleine embrasse le pied de la croix. Plus haut, le soldat Longin,
 qui a transpercé, de sa lance, le côté gauche de Jésus, se repend et prie avec ferveur.
A droite, un cavalier regarde le Christ ; il est vêtu d’un beau manteau à collerette,
coiffé d’un turban, et déroule une banderole portant l’inscription suivant :
« HIC EST VERE FILIUS DEI »
(« Celui-ci est vraiment le fils de Dieu »)





















La déposition du corps du Christ :

Descendu de la croix, le corps du Christ est soulevé, sous les épaules, par l’apôtre Jean,
aidé par la Vierge Marie, qui a placé ses mains sous le buste de son fils.
A gauche, debout, une sainte femme (Sainte-Marie Cléophas) porte de la main gauche
un vase à aromates (disparu). Derrière elle, le donateur du retable, Gauthier Richeret,
prêtre doyen de la collégiale d’Hattonchâtel, est agenouillé.
Au fond, à gauche, un évêque, Saint-Maur, revêtu des ornements épiscopaux,
coiffé d’une riche mitre, ornée de pierreries, tient une crosse, belle pièce
d’orfèvrerie religieuse Renaissance. A gauche de Saint Maur, Marie-Madeleine,
le visage attristé, croise les mains sur la poitrine. Enfin, à l’extrémité droite du retable,
Marie-Salomé prépare le linceul pour envelopper le corps du Christ.










_______________________

Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine - 2020 © Tous droits réservés

mardi 11 août 2020

FEY-EN-HAYE (54) - Eglise de l’Exaltation de la Sainte-Croix.

L'église de Fey-en-Haye fut reconstruite en 1923-1924, par la coopérative de reconstruction
des églises du diocèse de Nancy, d’après les plans de l’architecte Jules Criqui.

Elle fut nommée la « Croix des Carmes » en l'honneur d'une croix de bois
que les combattants du Bois le Prêtre ramenèrent dans leurs lignes
pour qu'elle ne tombe pas aux mains des Allemands.


De style néo-gothique, l'église de l'Exaltation de la Sainte-Croix présente un clocher
décalé afin de valoriser l’ensemble de la façade principale, qui offre aux
visiteurs les vitraux commémoratifs de Gruber rappelant l’inauguration
du monument de la Croix des Carmes en 1923.







En dessous, la grande stèle où sont gravés les noms des victimes du village, rappelle
que le 9 Avril 1921 la commune de Fey-en-Haye a été citée à l'ordre de l'Armée.


En pénétrant dans le sanctuaire, on découvre un vaisseau néo-gothique voûté sur
croisées d'ogives et se composant d'une nef accostée de deux bas-côtés.







Dans l'église, un autel commémore le sacrifice de la 73e et de la 128e Divisions d'infanterie.

Le 29 juin 2005, l’ONF a abattu un chêne de 7 m de hauteur criblé de balles pour l'installer
dans l’église de Fey-en-Haye ; il est le dernier témoin des combats du Bois le Prêtre.

« C’est un symbole de la guerre, de la mort, mais aussi de la vie », a déclaré
Jean-Paul David, l’ancien maire de Fey-en-Haye.



Le chœur est orné de vitraux rappelant la vie du Christ, de celle de Jeanne d'Arc...









Les vitraux de la façade principale ont la particularité de pouvoir être admirés aussi
bien de l’extérieur que de l’intérieur. Le maître-verrier de l’Ecole de Nancy,
Jacques Grüber, a ainsi été sollicité pour réaliser ces vitraux rappelant
l’inauguration du monument de la Croix des Carmes en 1923,
d’après des photographies prises lors de l’événement.

L’une des baies représente Raymond Poincaré et les personnalités lors du discours,
l’autre montre la foule au pied du monument.










_______________________

Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine - 2020 © Tous droits réservés