Le petit hameau d'Aureil-Maison, situé à deux pas de Lamarche, dont il dépend, a conservé
une belle chapelle en grande partie romane ; elle est dédié à la Vierge.
La chapelle vue du sud-ouest, avec son clocheton en bois
La
première mention de cette chapelle date de 1043 au moment où l'évêque
de Toul, Brunon de Dabo
(1026-1051) entérina la création du prieuré de
Deuilly. En effet, on apprend que le petit monastère
détenait alors la
moitié de l'église d'Aureil-Maison (mediatatem ecclesiae de Aurelii mansionibus).
Que sait-on alors de l'édifice en ce milieu du XIe siècle ?
Pas grand
chose ; il devait en tout cas être modeste, peut-être en bois !
Le chevet avec son abside semi-circulaire
Dès le milieu du XIIe siècle, la chapelle fut reconstruite en style roman, en commençant
par le chœur et poursuivant par la nef.
En
1188, l'évêque de Toul, Pierre de Brixey (1168-1191) confirma que la
chapelle d'Aureil-Maison
relevait bien du prieuré de Deuilly, dont le
prieur nommait le curé de la paroisse.
En 1195, le pape Célestin III
(1191-1198) valida de nouveau cette possession à Deuilly.
Chevet - L'abside romane semi-circulaire avec ses arcatures en plein cintre
Passé
le XIIe siècle, on a peu d'information sur l'histoire de l'édifice. On
constate cependant que
l'église n'a subie que peu de modifications. Lors
de l'effondrement probable du clocher roman
(situé au-dessus de
l'avant-chœur), à une date inconnue, celui-ci ne fut pas réédifié ;
ainsi toute la nef et l'avant-chœur furent recouvert d'une toiture
unique.
Dépourvu alors de clocher, la municipalité fit placer, au cours
du XIXe siècle, un clocheton
en bois à l'aplomb de la porte d'entrée.
Enfin, depuis le 3 mars 1926, la chapelle est inscrite à l'inventaire supplémentaire
des monuments historiques.
La nef - Le mur sud avec ses trois baies romanes en plein cintre ébrasées
La nef - Chapiteau roman à têtes de bélier intégré dans l'angle sud-ouest
Dans
son gros œuvre, la chapelle d'Aureil-Maison remonte à la seconde partie
du XIIe siècle.
Le chœur avec sa travée demeure la partie la plus
ancienne puisqu'elle peut être datée des
alentours de 1150. La nef
semble plus tardive, de l'extrême fin du XIIe siècle
voire du début du
XIIIe siècle.
Portail roman en plein cintre avec vitrail à entrelacs en guise de tympan
La nef plafonnée et le chœur romans
De
l'extérieur, on a une belle vue depuis l'esplanade et l'on remarque
d'emblée le curieux clocheton
en bois rajouté tardivement au-dessus de
la porte d'entrée. En faisant le tour de l'édifice, on peut
remarquer la
présence de trois baies romanes en plein cintre ébrasées sur les murs
nord et sud.
Le chevet est composé d'une simple abside semi-circulaire
avec un décor d'arcatures en plein cintre.
La façade occidentale
présente un portail roman assez simple à voussures en plein cintre
retombant sur des colonnes à chapiteaux évasés et à feuilles lancéolées ;
en guise de tympan,
un vitrail à entrelacs moderne a été placé sous les
voussures romanes.
Mais existait-il un tympan en pierre à l'origine ?
Impossible à dire mais certains,
comme Hubert Collin, spécialiste de
l'art roman en Lorraine, doute de cette hypothèse.

A
l'intérieur de l'édifice, la nef unique nous accueille dans toute sa
sobriété ; elle est plafonnée
comme bon nombre d'autres églises romanes
de Lorraine. En effet, il n'est pas rare de trouver,
à une époque où le
voûtement en pierre se démocratise, des églises à plafond plat à lattes
de bois.
Passée la nef, qui n'a rien d'exceptionnel, on se présente
devant l'arc triomphal en plein cintre brisé
donnant accès à
l'avant-chœur précédent le chœur semi-circulaire. On remarquera
l'imposte à
moulure torsadée du mur à droite de l'arc triomphal.
Arc triomphal roman en plein cintre brisé séparant la nef du chœur
Partie droite de l'arc triomphal - L'imposte à moulure torsadée
En
entrant dans l'avant-chœur (supportant le clocher roman effondré), on
est saisit par la beauté
simple de la voûte sur croisée d'ogives. On y
découvre aussi, placée contre le mur, l'ancienne
pierre tombale à la
croix pattée (XIVe siècle) appartenant à un chevalier ; elle se trouvait
à l'origine au milieu de la nef d'après un relevé fait par Georges
Durand au début du XXe siècle.
L'avant-chœur et le chœur
L'avant-chœur - La voûte à croisée d'ogives
Le
chœur roman possède un décor d'arcature à cinq arcs en plein cintre
reposant sur cinq colonnes
à chapiteaux à feuillage et ruban. Au milieu
de cette arcature, au-dessus de l'autel et sur un
piédestal, une Vierge à
l'Enfant en bois de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe siècle,
trône fièrement ; seul l'Enfant Jésus, qui tient de sa main gauche une
pomme,
est mutilé (il lui manque la tête).
Le chœur et son arcature en plein cintre
Chœur - Chapiteau roman à feuillage
Chœur - Chapiteau roman à feuilles et ruban
Chœur - Vierge à l'Enfant en bois (fin XIIe siècle ou début XIIIe siècle)
Dalle funéraire à croix pattée (XIVe siècle)
___________________________________
Situation du hameau d'Aureil-Maison dans les Vosges
Localisation de la chapelle dans le hameau d'Aureil-maison
(Vous pouvez agrandir la carte en cliquant ICI )
____________________
Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine 2011-2017 © Tous droits réservés