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jeudi 16 avril 2020

NEUFCHATEAU (88) - Mise au tombeau de l'église Saint-Nicolas (1495)

L'église Saint-Nicolas de Neufchâteau conserve dans ses murs, une remarquable
mise au tombeau polychrome, datant de 1495.

A l'origine, elle se trouvait dans l'église des Cordeliers de la cité.

Une indulgence, datée de 1497, était accordée à tous ceux qui venaient prier
devant la mise au tombeau de Neufchâteau ; ainsi, il semble plausible que cette œuvre
remonte bien à l'année 1495, car généralement une indulgence était une mesure
souvent mise en place lors d'une construction nouvelle, en l'occurrence, l'église des Cordeliers.


Suite au transfert d'un édifice religieux à l'autre, en 1792, l'ordre des personnages
a été quelque peu bouleversé.

En effet, on retrouve ainsi de gauche à droite : Sainte-Marie-Jacobé, Sainte-Marie-Salomé,
la Vierge Marie, Saint-Jean, Nicodème, Joseph d'Arimathie, Sainte-Marie-Madeleine
et un soldat ; au-devant, le Christ, vêtu du simple périzonium, est allongé.


Artiste officiel de la cour des ducs de Lorraine et notamment de René II, Mansuy Gauvain
serait à l'origine de cette œuvre d'exception.

Quant à la polychromie, réalisée à base d'huile, et faisant intervenir des imitations de brocarts,
elle pourrait être l'œuvre, selon Jacques Baudoin, d'un des peintres allemands
au service du duc René II : Bartholomeus V ou Hans Wachelin.


Nicodème et Joseph d'Arimathie étaient, à l'origine, placé à la tête et aux pieds du Christ.

Des inscriptions, sur les personnages, permettent de les identifier parfaitement.

Par exemple Sainte-Marie-Jacobé, porte les mots "Marie iac" ; Nicodème
a l'inscription "Crede deum" signifiant "Crois en Dieu" (allusion aux paroles de Jésus
à son disciple " ut omnis que credit in ipsum non pereat sed habeat

vitam aeternam" (Jean 3, 16), qui signifient "afin que quiconque croit en Lui,
ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.")

Sainte-Marie-Jacobé, Sainte-Marie-Salomé, la Vierge Marie
soutenue par Saint-Jean

Joseph d'Arimathie, Sainte-Marie-Madeleine et le garde 

Un gardien avec son chapeau à diadème et tenant un lance de sa main gauche ;
de la main droite, il tenait peut-être une lanterne

Marie-Madeleine, à la longue chevelure ondulée, ouvrant un pot à onguent

Joseph d'Arimathie barbu avec son couvre-chef oriental avec un diadème 

Nicodème barbu porte, contre sa jambe gauche, un bonnet de docteur

Saint-Jean, au cheveux ondulés, le regard grave, avec quelques larmes sur son visage

Sainte-Marie-Salomé portant sa main droite à son buste et la Vierge Marie
légèrement penchée en avant les mains jointes et laissant couler quelques larmes

Vierge Marie

Sainte-Marie-Salomé 

Sainte Marie-Jacobé tenant un pt d'onguent de sa main gauche
et soulevant son voile de sa main droite

Le Christ chevelu et barbu, les yeux mi-clos et sa plaie laissant
échapper un flot de sang
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Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine - 2020 © Tous droits réservés

jeudi 21 juin 2018

NANCY (54) - Christ en croix (XVIe siècle)

La cathédrale Notre-Dame de l'Annonciation de Nancy renferme un remarquable
Christ en croix qui selon certains serait l’œuvre de Ligier Richier
et pour d'autres sortirait de l'atelier de Mansuy Gauvain.

Ces deux artistes de la première moitié du XVIe siècle travaillaient dans un registre assez proche.

Financé par la duchesse Philippe de Gueldre et placé dans la cathédrale de Nancy
en 1807, cette œuvre mesure 1,95 m.

NANCY (54) - Christ en croix (XVIe siècle)

Cependant, selon Jacques Baudoin, auteur d'un ouvrage de référence sur la sculpture
flamboyante en Lorraine, ce Christ serait bien de la main de Mansuy Gauvain.

En effet, il note "Les traits tombants, le rictus de la bouche entreouverte et
la barbe échevelée donnent à ce visage une expression tragique,
ignorée de Ligier Richier."

NANCY (54) - Christ en croix (XVIe siècle)

NANCY (54) - Christ en croix (XVIe siècle)

NANCY (54) - Christ en croix (XVIe siècle)

NANCY (54) - Christ en croix (XVIe siècle)

Contrairement à Ligier Richier, Mansuy Gauvain fait souvent figuré des yeux globuleux
avec une inflexion de l'arcade sourcilière.

En comparant ce Christ avec les œuvres connues de Mansu Gauvain, on reconnaît
effectivement son style ; il suffit de regarder les médaillons du Palais Ducal
ou encore la Vierge au Manteau, conservée dans le chœur de
l'église Notre-Dame de Bonsecours.

NANCY (54) - Christ en croix (XVIe siècle)

NANCY (54) - Christ en croix (XVIe siècle)
Les parties intimes du Christ sont cachées par le périzonium

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 Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine - 2018 © Tous droits réservés

mardi 5 septembre 2017

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Le Musée Georges de la Tour de Vic-sur-Seille conserve dans ses collections de sculpture
médiévale et renaissance, une œuvre d'exception : la Pâmoison de la Vierge.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Attribuée dès sa découverte au célèbre Maître de Chaource lors de la construction d'une
maison, en 1990, sur un terrain jadis occupé par l'ancienne collégiale Saint-Étienne ,
cette Pâmoison de la Vierge appartenait à une mise au tombeau du XVIe siècle.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Les visages émaciés et les cheveux de Saint-Jean et de la Vierge rappellent effectivement l’œuvre
du Maître de Chaource, mais des éléments sculptés, notamment les galons perlés et
les inscriptions sur fond de quadrillage, font immédiatement penser à deux autres
maîtres : Jean Crocq et Mansuy Gauvain, sculpteurs lorrains.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Cette œuvre et l'ensemble de la mise au tombeau disparue sont peut-être le fruit
d'une collaboration entre les maîtres !

On peut aussi imaginer que l'auteur de cette Pâmoison est un sculpteur ayant
fréquenté les ateliers du Maître de Chaource, de Jean Crocq et de Mansuy Gauvain.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

La tête penchée en avant et sur la droite, la Vierge entrouvre la bouche, trois larmes
s'échappent de son œil gauche et coulent sur sa joue ; le Maître de Chaource
n'a jamais fait figurer de larmes sur ses sculptures connues

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)
Les mains jointes avec les doigts imbriqués et les pouces croisés rappellent
celles de la mise au tombeau du Maître de Chaource
VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

La disposition des cheveux du Saint-Jean, notamment les deux mèches sur le front
rappelle immédiatement les œuvres du Maître de Chaource.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Par contre, comme pour la Vierge, des larmes sont figurées sur le visage de Saint-Jean,
ce que l'on ne trouve jamais dans les sculptures connues du Maître de Chaource.

 Mise au tombeau du Maître de Chaource - Le Saint-Jean arbore une
coupe de cheveux très semblable avec ses deux mèche sur le front.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Le galon perlé à l'inscription sur fond de quadrillage qui décore le col de Saint-Jean
fait plutôt penser aux réalisations de Jean Crocq et de Mansuy Gauvain.

Détails des galons de la pietà de Pont-Saint-Vincent (à gauche et attribué à Jean Crocq)
et de la Vierge de l'Annonciation (à droite et encore attribué à Jean Crocq)
 Vierge au Manteau ou Notre-Dame de Bonsecours attribuée à Mansuy Gauvain ;
le galon est semblable à ceux de Jean Crocq
(Conservée à l'église Notre-Dame de Bonsecours de Nancy)

Détails du manteau de la Vierge à l'Enfant attribué à Jean Crocq
 (conservé au Musée National du Moyen-Age)

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)
La longue chevelure de Saint-Jean

A ma connaissance et au regard de ses œuvres connues toutes visibles dans l'Aube,
le Maître de Chaource n'a jamais exercé ses talents au-delà de Joinville et de la Champagne.

Il faut donc imaginer que cette Pâmoison de la Vierge est l’œuvre d'un disciple du
maitre champenois mais pas seulement car il a fait figuré des éléments
empruntés aux maîtres lorrains : Gauvain et Crocq.
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 Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine 2017 © Tous droits réservés

samedi 10 septembre 2016

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (1512)

Exposé quelques temps dans la salle des malades du Musée d'Art et d'Histoire de Toul,
le mausolée de Saint-Mansuy, placé originellement dans la crypte de l'abbaye
Saint-Mansuy de Toul jusqu'en 2004, est désormais visible dans le bras
sud du transept de la cathédrale Saint-Étienne.

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

Cette œuvre exceptionnelle est attribuée, par certains, au sculpteur Mansuy Gauvain,
artiste officiel de la cour des ducs de Lorraine.

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

Saint-Mansuy, prélat de la 2e moitié du IVe siècle, est figuré allongé, vêtu des ornements
pontificaux des évêques de Toul. Il porte la mitre, la crosse et le surhuméral, ornement
religieux porté sur la chasuble lors des grandes célébrations.

Sa tête repose sur un coussin et il lève l'index et et le majeur de sa main droite,
en signe de bénédiction.

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

Malgré le saccage de l'abbaye Saint-Mansuy de Toul, en 1552, et l'incendie du 18 mai 1980,
 la crypte renfermant le tombeau du saint-évêque, fut préservée.

Le tombeau de Saint-Mansuy resta ainsi préservée du pillage et de la destruction
jusqu'au 27 mars 2004 date à laquelle on l'extirpa de la crypte pour
le restaurer en l'emportant au Musée d'art et d'histoire.

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

En décembre 2012, le tombeau de Saint-Mansuy quitta le musée pour prendre place 
à la cathédrale où il fut solennellement béni le dimanche 29 décembre lors d’une
cérémonie célébrée par Monseigneur Papin, évêque de  Nancy et de Toul.

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

Aux pieds du pontife figure un lion allongé, symbole de force,
de puissance, de justice et de vigilance.

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

A droite, un petit personnage agenouillé, qui tient un objet rond dans ses mains jointes,
est là pour rappeler le miracle du sauvetage par Saint-Mansuy du fils
du gouverneur de Toul, qui s'était noyé dans la Moselle.

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)
Pot à feu

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)
Croix cerclée


Un bel article des Etudes Touloises de l'éminent docteur Hachet est à lire en cliquant ici

TOUL (54) - Mausolée de Saint-Mansuy (XVIe siècle)
Le tombeau dans la cathédrale de Toul

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