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lundi 7 mars 2011

JACQUES DE BAYON, un chevalier lorrain au service des princes

Je vous propose de découvrir la vie de Jacques de Bayon (1235-1311), seigneur issu la famille
ducale de Lorraine et qui œuvra toute sa vie pour le prestige de la Lorraine
et du royaume de France

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Jacques de Bayon
Un chevalier lorrain au service des princes
(Vers 1235 - 1311)


Armoiries de Jacques de Bayon
(D'or à la bande ducale aux trois alérions chargée d'un lambel d'azur à cinq pendants)


Petit-fils du duc Ferry de Lorraine, Jacques de Bayon se mit au service du roi de France, Philippe IV le Bel, qui avait alors fort à faire en Flandre. Il se distingua notamment au cours des batailles de Courtrai, de Cassel et de Mons-en-Pévèle.

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Chevalier de sang ducal, souvent cité dans les Chroniques Artésienne et Tournaisienne, Jacques était originaire de Bayon, petite localité située au sud de Nancy, proche de Lunéville, où s'implanta une branche cadette des ducs de Lorraine.

Né vers 1235, Jacques de Bayon était le second fils de Henri de Lorraine dit le Lombard (Fin du XIIe siècle - Avant le 23 avril 1256) et de Damette de Pesmes (Fin XIIe siècle - Avant le 24 août 1285). Pour information, le père de Jacques était le sixième fils de Ferry 1er (Vers 1155-7 avril 1207), duc de Lorraine, sire de Bitche, Sierck, Ormes et Gerbéviller. Avec Henri le Lombard va naître la lignée des seigneurs de Bayon. En ce qui concerne Damette de Pesmes, elle était la sœur de Jacques de Pesmes, chevalier et seigneur de la Résie, en Franche-Comté. En dehors de Jacques, Henri le Lombart et sa femme eurent un premier fils, Philippe (Vers 1230 - Avant le 4 juillet 1301) qui deviendra sire de Bayon, et deux filles, Isabelle et Marguerite, abbesse de Remiremont.

Deux unions

Il se maria en premières noces avec Agnès de Choiseul (1225-1268), fille de Renart II de Choiseul (1195-1239) et d'Alix de Dreux (1190-1258). Agnès était alors veuve de Simon de Saxefontaines (mort en 1268) et de Pierre, sire de Lafauche (mort en 1270 au cours de la Huitième Croisade) ; elle avait eu de ses deux hommes huit enfants, quatre à chaque fois. En s'unissant avec Agnès de Choiseul, Jacques de Bayon devint cousin-germain, par alliance, de Thiébaut II et par la même occasion proche de la Maison capétienne de Dreux. Henri de Bayon, né vers 1285, fut le seul enfant de Jacques et d'Agnès de Choiseul.

Après la mort d'Agnès de Choiseul en 1268, Jacques convola en secondes noces avec une certaine Jeanne, qui lui survécu et se remaria avec Jean d'Eppe avant 1319.

Un patrimoine conséquent

Avant le mois de février 1261, Jacques de Bayon prit possession d'une partie du château et de la terre de Bayon, l'autre partie étant réservée à son frère aîné, Philippe. Il possédait également des dîmes à Borville et à Chamagne.

Château de Bayon (état en 1830)
Bibliothèque Municipale de Nancy

En juillet 1273, peu après son mariage avec Agnès de Choiseul, Jacques commença l'administration des biens de sa femme et de ses descendants. Le sire de Bayon possédait l'important château de Lafauche (en Haute-Marne) et le vaste patrimoine foncier de l'ancienne seigneurie qui comportait des biens situés en Champagne pour lesquels il rendait hommage au comte de Champagne, roi de Navarre.

Plan du château de Lafauche (52)

Château de Lafauche - La Porte de Lorraine et la Tour de Champagne

Château de Lafauche - Tour faisant pendant à celle de Champagne
et encadrant de fait la Porte de Lorraine

Le duc de Lorraine, Ferry III, lui remit tout ce qu'il possédait à Rozelieures en avril 1283. Le 2 octobre 1287, l'évêque de Metz, Bouchard reçut l'hommage lige de Jacques pour la terre de Vaxoncourt. Il était également le vassal du comte de Bourgogne Otton IV de qui il tenait un fief à Fresne-sur-Apance.

Un bienfaiteur reconnu

Seigneur de Lafauche, Jacques de Bayon se préoccupa de la destinée du prieuré de Remonvaux, fondé par ses prédécesseurs au XIIIe siècle ; en lui assignant en janvier 1280 une rente annuelle de 30 résaulx sur le moulin du Val de Circourt. Pour assurer le repos de son âme, de celui de sa femme et de celles des anciens seigneurs de Lafauche ainsi que pour l'entretien d'une lanterne dans l'église prieurale, autorisa le prieur de ce monastère à prélever deux mines de blé sur le moulin à vent de Semilley. Renonçant aux dîmes de Chamagne (village proche de Bayon), il passa un accord avec les chanoinesses de Remiremont, en décembre 1286.

Ce seigneur pouvait compter sur des vassaux comme les seigneurs de Grand, de Pargny-sur-Mureau, le chevalier Jean de Fontenoy (un de ses parents éloignés, descendant des comtes de Toul), les écuyers Mauffrignon et Olry de Romont.

Un personnage au rôle politique important en Lorraine

Le 8 mars 1269, il se porta caution pour le duc Ferry III de Lorraine (1251-1303) lors de l'alliance de ce dernier avec Henri, le fils aîné du comte Henri V de Luxembourg (1247-1281). La même année, en avril, il devint l'arbitre d'un différend opposant l'abbé de Senones au comte  IV de Salm. 1245-1292). Le 25 septembre 1272, lors d'un traité conclu entre le duc Ferry III de Lorraine et le comte Thiébaut  II de Bar (1240-1291), il fut chargé, en compagnie de Liébaut  IV de Beaufremont (135-1302) de surveiller l'évêque de Metz et ses fidèles, capturés au cours de la bataille de Hadigny (village situé à quinze kilomètres au nord d'Epinal et aujourd'hui appelé Hadigny-les-Verrières), qui opposa les Messins et les troupes ducales et épiscopales à la mi-septembre. Le 20 juin 1274, Jacques de Bayon fut déchargé de cette tâche avec la libération des combattants messins.

Jean II de Choiseul, son beau-frère, fit appel à lui pour règlement de son conflit avec le duc Ferry III de Lorraine, le 23 juin 1277. Les 12 et 13 mars 1280, lors d'une entrevue entre le comte de Bourgogne, Othon IV (1279-1303) et Jean 1er de Chypre (1267-1285), fils de Hugues III de Poitiers-Lusignan, roi de Jérusalem, (1276-1284) Jacques de Bayon fut désigné pour enquêter sur les exactions franc-comtoises en Lorraine. Il rendit sa sentence le 7 novembre 1281.

Le 19 juillet 1282, il assista le duc Ferry III lors d'une conciliation avec le comte Thiébaut de Bar. Le duc de Lorraine lui confia, le 13 mai 1284 et le 15 août 1295, la tâche d'estimer un ensemble de terres qu'il entendait donné à son fils, Thiébaut de Lorraine. Lors de la signature d'une trêve entre ce même duc et Bouchard d'Avesne, l'évêque de Metz (1282-1296), le 19 juin 1289, Jacques de Bayon est cité comme témoin. Il accepta, peu après, d'arbitrer leur nouveau désaccord. Le 4 janvier 1298, il se porta garant du versement de la rançon de deux écuyers du duc de Lorraine, alors détenus dans la geôle du château d'Amance. Le duc Ferry III de Lorraine le sollicita souvent lors de l'entérinement de chartes ; il apposa donc son sceau sur divers documents de 1273 à 1286.

 Le village d'Amance
(avec la motte castrale et l'église paroissiale)

Le 2 février 1280, le duc Ferry III de Lorraine déclara devoir au sire de Bayon 1 000 livres. Afin de récompenser son vassal pour tous les services rendus, Ferry III lui assigna, le 2 février 1281, cinq années du revenu de Neuviller-sur-Moselle (non loin de Bayon) afin de lui rembourser les dettes contractées. En complément, il lui offrit des terres situées à Rozelieures et au ban de Chaumont, en avril 1283. Toujours redevable de 300 livres en 1287, le duc de Lorraine s'acquitta enfin de ses dettes le 15 septembre 1295.

Le village de Neuviller-sur-Moselle
(avec son château du XVe-XVIIIe siècle et son église du XIIe-XVe siècle)

Jacques de Bayon était également le créancier d'autres personnages lorrains comme l'évêque de Metz qui était débiteur à hauteur de 400 livres touloises (il fut contraint d'engager sa terre de Vaxoncourt le 9 octobre 1287 afin d'éponger ses dettes).

En 1290, au cours du mois de novembre, il certifia avec son sceau la vente du fief de Passavant de Jean de Bourgogne, frère du comte de Bourgogne, au duc Ferry III de Lorraine. Le 8 février 1291, il arbitra un différend opposant de nouveau le duc de Lorraine et l'évêque de Metz. Puis, le 15 avril 1295, il intervint dans un accord signé entre ce même duc et Thiébaut de Rumigny.

 Jacques de Bayon au service du roi de France.

Jacques de Bayon devint vassal du futur Philippe IV le Bel en octobre 1285 lorsque celui-ci se maria avec Jeanne de Navarre, héritière du comté de Champagne. Son engagement au côté de ce souverain lors des guerres de Flandre montre son réel dévouement. Le 11 juillet 1302, il participa à la bataille de Courtrai et assista au désastre des troupes royales en compagnie d'autres princes lorrains, le comte de Salm et Hue de Beaufremont.

La bataille de Courtrai
Gravure de Paul Lehugeur - XIX° siècle.

Le 1er avril 1303, Guillaume V de Juliers, le chef flamand victorieux à la bataille de Courtrai, espérait surprendre les Français à Saint-Omer et prendre la ville royale. C'était sans compter sur Jacques de Bayon qui veillait toujours sur cette cité. La bataille se déroula non loin d'Arques. Brisant l'attaque des Flamands, bien supérieurs en nombre, Jacques de Bayon, en fin tacticien, isola le corps des arbalétriers yprois composé alors de 800 hommes d'élite. Guillaume de Juliers, apprenant l'isolement de ses hommes, quitta Saint-Omer laissant derrière-lui près de 600 combattants sur le terrain.

D'après la Chronique artésienne, le 10 juillet 1303, Jacques de Bayon accompagnait le connétable Gaucher de Châtillon lors de la retraite française devant l'armée flamande ;  ils se replièrent sur Thérouanne.

Le 20 août, Philippe le Bel chargea Jacques de Bayon ainsi que Gaucher de Châtillon, Béraud de Mercœur et Miles de Noyers de veiller à ses intérêts en Flandre. Le 19 avril et 1er juillet 1304, Jacques de Bayon fut encore convoqué par le souverain français, en compagnie de seigneurs champenois à Lagny, afin d'avoir une estimation de la situation en Flandre et d'envisager une action décisive. Le 18 août 1304 à Mons-en-Pévèle, il participa à la bataille remportée sur les Flamands par Philippe le Bel.

Bataille de Mons-en-Pévèle
Peinture à l'huile de Charles-Philippe Larivière (XIXe siècle)
Château de Versailles - Galerie des batailles

Le 14 septembre, il négocia, au nom du roi, la reddition de la cité de Lille, en compagnie de Charles comte de Valois, Louis comte d'Evreux, Gaucher de Châtillon et le comte de Savoie.

Après une vie bien remplie, Jacques de Bayon décéda en 1311.

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Ce cadet de la maison de Bayon, issue de celle de Lorraine, fut un capitaine de grande valeur que le roi de France, Philippe le Bel, apprécia grandement et remercia pour sa participation sur les champs de bataille de Flandre.

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Bibliographie sélective

Fr. Funck-Brentano, Les Origines de la Guerre de Cent Ans, Philippe le Bel en Flandre, Paris, 1897.
P. Marot, Un homme d'armes de Philippe-le-Bel : Jacques de Bayon, dit à tort Jacques de Bayonne in Bulletin Mensuel de la Société d'Archéologie Lorraine, Nancy, 1928, pp. 51 à 58.
G. Poull, La Maison ducale de Lorraine, Nancy, 1991.
L. Quintard, Bayon et ses seigneurs in Mémoire de la Société d'Archéologie Lorraine, 1900, pp. 5 et suivantes.

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Liens internet utiles

 sur Wikipedia

L'association des amis de Lafauche

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