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mercredi 15 novembre 2017

LA BATAILLE DE BAR - 15 Novembre 1037

 Il y a 980 ans se tenait aux pieds du château de Bar, une terrible bataille pour la sauvegarde
de la Bourgogne et du Saint-Empire-Romain-Germanique ; l'armée lorraine du
duc Gozelon y joua un rôle déterminant.


La bataille de Bar
 15 novembre 1037
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A la mort du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III (993-1032), sa principauté se retrouva au cœur d'un conflit opposant deux hauts seigneurs : son neveu, le comte Eudes II de Blois (983-1037) et l’empereur du Saint-Empire-Romain-Germanique Conrad II le Salique (990-1039), époux de Gisèle, fille de Gerberge et sœur de Rodolphe III. La bataille de Bar (dite également d'Honol), qui s'engagea le 15 novembre 1037 au pied de la cité de Bar, mit un terme définitif au différend.

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Dès 1016, le roi Rodolphe III de Bourgogne (993-1032), envisageant sa succession, décida, à Strasbourg, de confier son royaume à son neveu, l’empereur Henri II le Saint (1014-1024). A Mayence, en 1018, Henri II refusa le sceptre et la couronne, attributs de la fonction royale, que lui proposait le roi de Bourgogne. Son successeur désigné, Rodolphe III poursuivit donc l’administration de son royaume satisfait de son choix. Mais, le 13 juillet 1024, l'empereur mourut sans héritier, obligeant le roi de Bourgogne à choisir Conrad II le Salique (990-1039), nouvel empereur, comme son successeur.

 Charte savoyarde, datée de 996, montrant le sceau et le monogramme du roi Rodolphe III de Bourgogne
(Archives départementales de Savoie)


Avec la mort de Rodolphe III en 1032, l’empereur revendiqua immédiatement le trône bourguignon, sous couvert d'être le plus proche parent du défunt. La succession semblait cependant loin d’être réglée. En effet, le petit-fils de Rodolphe III, Eudes II, comte de Champagne, de Blois, de Chartres, de Troyes, de Meaux, de Beauvais, vicomte de Bourges et palatin du royaume de France, exigea la couronne de Bourgogne. La guerre entre Conrad II le Salique et Eudes II de Blois semblait donc inévitable, les deux prétendants restant sur leur position ! Chacun mobilisa alors ses forces en vue d'une guerre de succession de Bourgogne qui s'annonçait longue et meurtrière. Le comte Eudes de Champagne envahit donc la Bourgogne et s’empara successivement de Vienne, Neufchâtel et Morat.

Un territoire convoité

Après la Champagne et une partie de la Bourgogne, Eudes II de Blois envisagea, sereinement, la conquête de la Lorraine, terre d’Empire. Profitant de la faiblesse du roi de France, Henri 1er (1031-1060) et de l’éloignement de l’empereur Conrad II, il pénétra en Lorraine avec la ferme intention de s’emparer, en priorité, de la cité épiscopale de Toul. L'évêque Brunon d’Eguisheim (1002-1054) qui l’avait défié à Déville en 1033, allait subir la fureur des guerriers champenois. Le comte de Champagne fit donc mettre le siège devant Toul. Face à l’incroyable résistance des défenseurs, Eudes II ordonna, de rage, l’attaque des faubourgs en pillant et en incendiant notamment les abbayes Saint-Evre et Saint-Mansuy.




Porche d'entrée de l'abbaye Saint-Mansuy de Toul

Porche d'entrée de l'abbaye Saint-Evre de Toul

Apprenant l'arrivée prochaine de l'armée impériale à Toul, Eudes II, qui n'était pas prêt à l'affronter, préféra lever le siège et rebrousser chemin vers la Champagne.

Le danger écarté, l’évêque Brunon de Toul, qui craignait encore pour sa vie et celles de ses ouailles, décida de réunir le roi Henri 1er de France, l’empereur Conrad II et l’abbé Poppon de Stavelot (1020-1048) afin définir la politique à adopter à l’égard du comte de Champagne. L’empereur, excédé par les agissements répétés d'Eudes II, décida de se porter en Lorraine pour le chasser définitivement et asseoir son pouvoir. Ainsi, au cours du mois d’août 1033, Conrad II arriva en Lorraine avec son armée, qui prit ses quartiers aux portes de la cité meusienne de Saint-Mihiel. L’abbé Nanthère (1020-1044) reçut l’empereur comme il se doit. Après trois jours de repos, l’armée impériale se remit en route pour en découdre avec Eudes II, qui préférait mettre de la distance entre lui et Conrad II. Les terres champenoises subirent alors la fureur des impériaux, qui pillaient et incendiaient les moindres villages, escomptant ainsi faire plier Eudes II. Les razzias impériales eurent raison de ce dernier qui, se sentant traqué et exsangue, demanda la paix.

Dessin d'un denier d'argent du duc Gozelon, trouvé au Danemark
(Musée Christian Jürgensen Thomsen de Copenhague)

Pour négocier cette trêve, Eudes II s’adressa alors à Gozelon (967-1044), duc de Mosellane (région comprenant la Haute et Basse Lorraine. En latin, "Gozelo dux Mosellanorum atque Lothariensiu", Vita Reginardi) et à l'évêque de Metz, Thierry de Luxembourg (1006-1047). Conrad II accepta de les recevoir à l'abbaye de Saint-Mihiel. Le comte de Champagne renonça alors solennellement, devant témoins, à toutes ses prétentions sur le royaume de Bourgogne en promettant de réparer les dégâts commis par ses hommes lors du siège de Toul. Satisfait de sa soumission, l’empereur remercia les moines de Saint-Mihiel pour leur accueil et rentra dans ses états.

Dessin du Sceau d'Eudes de Blois. Début XIe siècle.
(Cabinet des médailles de la BNF)

A peine Conrad II eut-il franchit le Rhin, qu'Eudes II, qui ne souhaitait pas en rester là, pénétra de nouveau en Lorraine. Alerté, l'empereur pesta contre son cousin et décida, à Ratisbonne, de dépêcher une nouvelle armée en Champagne pour Pâques 1034. Il voulait ainsi soumettre le comte Gérold II de Genève (1020-1080) et l’archevêque Bouchard de Lyon (1023-1068), principaux soutiens actifs du comte de Champagne.

Ainsi, au mois de juin 1034, Conrad II établit un plan visant à prendre en tenaille la Bourgogne. Pendant que le gros de l'armée impériale arrivait par le nord en passant le Jura, les forces conjuguées de l’archevêque de Milan, Ariberto da Intimiano (1018-1045) et du marquis de Montferrat, Guillaume III Longue-Epée (991-1042) progressaient depuis le sud en franchissant les Alpes. Conrad II enleva Neuchâtel puis se porta à Genève où le rejoignit les contingents alliés italiens. Accueillis par le comte de Savoie, Humbert aux Blanches Mains (1027-1048), le souverain du Saint-Empire-Romain-Germanique reçut immédiatement la soumission du comte Gérold II de Genève et de l’archevêque Bouchard de Lyon, qui craignaient la vindicte impériale. Le 1er août 1034, Conrad II le Salique ceignit solennellement la couronne de Bourgogne devant une large assemblée acquise à sa cause.

Un comte de Champagne déterminé !

Un peu dépité par la tournure des évènements, Eudes II de Blois, ne baissa pas pour autant les bras et entreprit de nouvelles chevauchées à travers toute la Lorraine de 1034 à 1036. Il harcela sans relâche les Lorrains en pillant, en détruisant et en rançonnant. Entre temps, en Italie, les villes lombardes et les seigneurs milanais se révoltèrent contre l'autorité impériale. Ne pouvant pas laisser la situation se dégrader, Conrad II mobilisa sur le champ une armée. Milan fut ainsi prise le 19 mai 1037 et son archevêque Ariberto incarcéré. Mais ce dernier réussit à s’enfuir et, avec les évêques de Vercueil, Crémone et Plaisance, eux-aussi lassés du gouvernement de Conrad II, promit à Eudes II de Blois de le soutenir dans sa quête de la couronne royale de Lombardie. Enthousiasmé par les propositions italiennes, qui lui laissaient même entrevoir la couronne du Saint-Empire-Romain-Germanique, le comte de Champagne pillât de plus belle la Lorraine, espérant pousser jusqu’à Aix-la-Chapelle où il escomptait ceindre la couronne impériale. Mais Eudes II ne se douta pas un seul instant qu’il allait affronter un adversaire à sa mesure, le duc Gozelon de Mosellane, fidèle vassal de l’empereur.

Château de Bar-le-Duc. XIe-XVe siècle. Courtine et porte romane.

Château de Bar-le-Duc. XIe-XVe siècle. Porte romane.

Avant d'affronter Gozelon et son armée, le comte de Champagne enleva, sans trop de difficultés, les cités de Commercy et Bar-le-Duc où il plaça des garnisons champenoises. Séjournant au château de Bar, Eudes profita pleinement de l’hospitalité lorraine en festoyant à grands frais. Mais la fête s'acheva le 15 novembre 1037, lorsque l'un de ses hérauts d'armes lui annonça la présence, dans la plaine, au pied du château, de l'armée conduite par le duc de Haute et Basse Lorraine, Gozelon. Faisant alors sonner le tocsin, Eudes rameuta tous ses hommes d'armes et chevaliers pour livrer la bataille qu’il entendait bien remporter contre les fidèles de l'empereur Conrad II !

Château de Bar-le-Duc. XIe-XVe siècle. Tour de l'Horloge.

Les forces en présence

L’armée lorraine était une armée de coalition constituée de troupes réunies, à la hâte, par le duc Gozelon. Ne pouvant compter sur certains seigneurs lorrains présents aux côtés de l’empereur en Italie, le duc sollicita l’aide du prince-évêque Réginard de Liège (1025-1037) qui lui répondit favorablement en constituant un important contingent de combattants Liégeois. Le comte Albert II de Namur (1031-1063), gendre de Gozelon (il avait épousé Régelinde (1005-1068)), accompagna les Liégeois et rallia le camp lorrain. L’évêque de Metz, Thierry de Luxembourg (1006-1047) accepta également de fournir à Gozelon un corps expéditionnaire placé sous les ordres du comte Gérard de Bouzonville (985-1045), fils du comte Adalbert 1er de Metz (955-1038) et cousin de l’empereur Conrad II. L’évêque Raimbert de Verdun (1025-1038), offrit aussi son aide à Gozelon en lui envoyant un contingent dirigé par l’abbé Richard de Saint-Vanne (1004-1046). Enfin, le duc fut secondé par son fils Godefroid IV le Barbu (997-1069).

Enluminure représentant des chevaliers. Manuscrit "De universo" de Raban Maur, vers 1020-1022 (Archives de l'abbaye du Mont-Cassin)

L’armée du comte Eudes II se composait de vassaux champenois et d’Ile-de-France. En dehors de son fils Thibaud (1019-1090) qui l’accompagnait, le comte Manassès de Dammartin (990-1037), fils de Hilduin 1er, les comte Dudon (?-1037) et vicomte Hervé (?-1037), Gilduin, vicomte de Chartres et comte de Breteuil (990-1060) et son fils Valéran (1010-1066) le suivirent dans son expédition. Leur fidélité semblait sans bornes car le comte de Champagne était un grand seigneur charismatique et persuasif.

Les chroniques médiévales insistent sur le fait que les Champenois étaient plus nombreux que les Lorrains et les Belges. Ainsi, au regard des pertes champenoises, il semblerait qu’Eudes disposait d’environ 8 à 10 000 combattants. Quand aux Lorrains, on peut estimer qu'ils étaient entre 3 et 6 000.

Fers de lances du XIe siècle
Musée de l’Histoire du  Fer à Jarville-la-Malgrange

La position des belligérants sur le champ de bataille

En ce mardi 15 novembre 1037, le duc Gozelon, son fils Godefroid et l’abbé de Saint-Vanne se placèrent au centre ; à leur gauche, se positionnèrent les Liégeois de l’évêque Réginard et les Namurois du comte Albert II, et à leur droite, les Messins du comte Gérard de Bouzonville.

En face, à trois cent mètres environ, le comte Eudes II et Thibaut de Blois occupèrent le centre avec un corps de cavalerie en avant ; à leur gauche, Manassès de Dammartin, Valéran et Gilduin de Breteuil dirigeait l'un des corps de bataille ; et à leur droite, les comte Dudon et Hervé était les chefs du second corps de bataille !

La bataille commence

Pour la majorité des chroniques et sources médiévales (une trentaine), cette bataille est mentionnée de manière succincte, en 1 ou 2 lignes. Seuls, les récits de Raoul Glaber, de Jacques de Bayon et de la Vie de Réginard, permettent d’avoir une vision globale de cet affrontement, grâce au recoupement des récits.

Ainsi, vers 9 heures, la plaine de l’Ornain retentit des cris de défiance des combattants des armées ennemies. La tension était palpable et l’envie d’en découdre bien là. Dans les deux camps, chevaliers, écuyers et hommes d’armes trépignaient d’impatience. Qui allait engager le combat le premier ?



Avant l’engagement, l’abbé Richard de Saint-Vanne de Verdun béni l’armée de Gozelon et proposa la communion à chacun des combattants. Pour le prélat, l’issue de la bataille ne faisait aucun doute et il le fit savoir, haut et fort, aux hommes du duc. Ces derniers galvanisés était prêt à en finir avec l'arrogant comte de Champagne.



Entre 9h et 9h30, Eudes II entra le premier en scène, demanda notamment à ses cavaliers de charger, lance baissée, vers le corps de bataille de l’évêque de Liège et d'Albert II de Namur. Après une franche galopade et le franchissement du ruisseau Naveton, les cavaliers champenois arrivèrent au contact des Liégeois et des Namurois. Le choc fut si terrible que la ligne belge fut enfoncée. Une mêlée furieuse s’ensuivit où chacun tentait de sauver sa vie. Peu à peu le sol fut jonché de corps éventrés, bras,  jambes et têtes tranchées. La folie s'était emparé des combattants de deux camps.



Vers 10h30, tous les corps de bataille du comte de Champagne se portèrent sur l’aile gauche du duc Gozelon. Furieux de la tournure des évènements – les Champenois et les Français prenaient le dessus – l’évêque de Liège exhorta ses combattants à faire preuve de courage et d’abnégation pour repousser l’ennemi. L'engagement brutal dura près d’une heure au cri des guerriers et au son des épées et lances s'entrechoquant. Le combat tourna peu à peu à l’avantage d’Eudes II de Blois. Les Belges submergés, commencèrent alors à refluer vers l’arrière. Voyant ce triste spectacle, le duc de Mosellane prit immédiatement la décision de porter assistance au prélat liégeois et au comte de Namur, alors en pleine détresse.



L’arrivée des Lorrains, vers 11h30, changea la donne. Revigoré par la venue de Gozelon, Réginard de Liège regroupa ses combattants et épaula le duc de Mosellane pour contenir et même repousser Eudes II. Albert II de Namur se jeta sur les Champenois avec une telle fougue qu'il s’ouvrit un chemin à coup d’épée, sectionnant membres et décapitant les coutiliers et écuyers ennemis. Les combattants s’affrontèrent sans retenue, sous le poids des hauberts, les chevaliers démontés et les hommes d’armes s’enlisèrent dans un sol détrempé par la pluie, la sueur et le sang. Eudes II de Blois, plein de fougue, exhorta encore ses compatriotes à se surpasser pour reprendre le dessus sur ses "chiens" de Lorrains. Fendant l’air, fracassant crânes, coupant bras et jambes, les comtes Dudon et Hervé, Manassès de Dammartin, Gilduin et Valéran de Breteuil tentèrent, tant bien que mal, de reprendre le dessus. La confusion régnait dans un fracas d'armes, accompagné de cris et de râles.


L'entrée dans la bataille des combattants de Gérard de Bouzonville et des Messins, vers 14h, produisit immédiatement son effet. Les combattants messins voulaient en finir avec Champenois ; leur charge fut si percutante que ces derniers et leurs alliés d’Ile-de-France commencèrent à comprendre que la fin était proche. Javelots et lances volèrent, épées et haches tourbillonnent au-dessus de la mêlée; l’engagement fut passionné. Bientôt, le sol boueux imbibé de sang recueillit les cadavres qui s'amoncelèrent au fur et à mesure que les Lorrains prenaient l'avantage. Peu à peu l’étau se resserra autour des fidèles du comte de Champagne.



Vers 16h, l’encerclement fut effectif et la tuerie, qui s'ensuivit, commença. Les comtes Dudon, Hervé, et Manassès de Dammartin perdirent la vie dans un dernier sursaut d’orgueil. Gilduin de Breteuil, blessé, et son fils Valéran échappèrent de justesse à une mort certaine, sauvés par l’abbé Richard de Saint-Vanne qui les revêtit d’un habit religieux.

L’issue de la bataille ne faisant maintenant plus de doute, Eudes II de Blois et son fils Thibaud s’enfuirent lâchement. Au moment même où le comte de Champagne se croyait définitivement à l’abri, un homme d’arme, prénommé Thierry (selon le chroniqueur "contesté" Jacques de Bayon), le désarçonna et lui assena de violents coups sur tout le corps. Entre temps, Thibaut de Blois prit la poudre d’escampette, galopant allègrement vers la Champagne, sans se retourner ni même porter assistance à son père qui bientôt expire sous les coups répété son meurtrier. Ce dernier le dépouilla de son précieux reliquaire, qu'il portait sur lui, et de ses vêtements. Ainsi, le bouillonnant, tyrannique et ambitieux comte de Champagne gisait désormais inanimé dans la plaine.

Vomécourt-sur-Madon (Vosges) - Tympan roman figurant deux chevaliers s'affrontant
(Chacun des deux chevaliers arbore le casque sphéro-conique sans nasal et une cotte de maille ou haubert ;
celui de droite se protège avec le bouclier normand en amande si typique de cette époque et charge 
avec une épée à double tranchant de 1m, pesant 1,5 kg munie d’une poignée de bois recouverte de cuir ;
l’autre utilise une lance de 2m50 pour une charge frontale.)

La victoire de l'armée du duc Gozelon

La bataille s’acheva aux alentours de 17h par la victoire des alliés. Alerté de la mort d'Eudes II, les Lorrains et Belges partirent à sa recherche. Mais en raison de la tombée de la nuit, le duc Gozelon fit cesser les recherches. Elles reprirent le lendemain matin. En parcourant le champ de bataille, l’abbé Richard de Saint-Vanne de Verdun et l’évêque Roger de Chalons découvrirent le corps dénudé et défiguré d’un homme qui ressemblait à Eudes II de Blois. Selon le moine-chroniqueur clunisien Raoul Glaber, l’épouse du comte champenois, Ermengarde d'Auvergne (995-1041, fille du comte Guillaume IV), serait venue et aurait formellement identifier son époux grâce à un détail intime, une verrue entre l’anus et l’appareil génital (en latin "habebat enim verrucam inter genitalia et anus"). Le corps du défunt fut ensuite remit à sa femme et à ses fils, qui, en témoignage de leur gratitude, donnèrent à l’abbé de Saint-Vanne de Verdun une chasuble dorée, en promettant de faire de pieuses fondations.

D'après les Annales de l’abbaye d’Hildesheim, 6 000 Champenois auraient trouvé la mort dans la plaine. Quand aux alliés, ils perdirent environ 3 000 combattants. La victoire du duc Gozelon et de ses alliés rassura l’empereur Conrad II, qui était enfin débarrassé d’un encombrant compétiteur.


La Lorraine, qui fut le théâtre de chevauchés sanglantes (de 1033 à 1037) et d'une bataille gagnée avec détermination à Bar le 15 novembre 1037, retrouva la paix, sous le gouvernement du duc Gozelon, sauveur de la Bourgogne et du Saint-Empire-Romain-Germanique.

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Sources

Annales Elnonences majores
Annales Hildesheimenses
Annales Laubienses
Annales Sancti Vincentii Mettensis
Raoul Glaber, Les cinq livres de ses histoires 900-1044
Ruperti chronicon
Vita Reginardi

Bibliographie sélective

AIMOND. Ch., Histoire de Bar-le-Duc. Bar-le-Duc, 1982, 461 p.
ARBOIS DE JUBAINVILLE. H. d'., Histoire des ducs et des comtes de Champagne, Paris, 1859-1866, 6 vol.
BEAU. A., Deux journées qui ont marqué la destiné de la Lorraine : la bataille de Bar, 1037 ; la bataille de Nancy, 1477 in Le Pays Lorrain, n° 1, 1977, pp. 3-18.
BUR. M., La formation du comté de Champagne (vers 950-vers 1150), Nancy, 1977
LEX. L., Eudes, comte de Blois, de Tours, de Chartres et de Meaux (995-1037), Troyes, 1892.
PARISOT, R., Histoire de Lorraine, T. 1, Picard, Paris, 1925.

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Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine 2011-2017 © Tous droits réservés

mardi 14 novembre 2017

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie (Extérieur)

Sampigny, village connu notamment pour son château du Clos, résidence du président
de la République Raymond Poincaré (1860-1934), possède également une
église paroissiale dédiée à Sainte-Lucie, fille d'un roi d’Écosse.

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie

 Sainte Lucie de Sampigny, princesse d'Écosse et bergère en Lorraine, qui vécut aux Ve siècle
ou VIe siècle, ou selon d'autres sources au XIe siècle, est vénérée le 19 septembre
notamment par les femmes stériles.

Alors qu'elle gardait son troupeau, elle construisit de ses mains, un petit sanctuaire.

L'église actuelle, reconstruite du XVe au XVIIe siècle, relevait de l'évêché de Verdun.

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie
Mur sud avec ses grandes fenêtres du début du XVIe siècle ; le chevet à pans coupés
remonte à la fin du XVe siècle (on devine les remplages des fenêtres
composés de trois lancettes trilobées surmontées de quadrilobes,
mouchettes et gouttes)

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie
Mur nord avec ses grandes fenêtres du début du XVIe siècle

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie
Le clocher carré, placé sur la façade occidentale, remonte au XVIIe siècle

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie
Les cloches sont légèrement placée à l'extérieur de l'étage campanaire
du clocher sous un appentis en bois

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie


Le portail de la façade occidentale, daté du début du XVIe siècle, est encore
teinté d'architecture gothique flamboyante malgré la présence de
quelques éléments annonçant la Renaissance.

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie
Fenêtre rectangulaire moulurée à remplage composé de deux lancettes trilobées (Début XVIe siècle)

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie
Baie en plein cintre à moulure gothique (XVe siècle)



SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie
Gargouille en forme de dragon placée sur la balustrade de la façade

SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie
 Médaillons renaissance à tête d'hommes casqués
SAMPIGNY (55) - Eglise Saint-Pierre et Sainte-Lucie

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vendredi 10 novembre 2017

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

Au rez-de-chaussée du Musée du Fer de Jarville-la-Malgrange, deux canons sont
placés de part et d'autre de l'escalier en colimaçon menant aux niveaux supérieurs.

Sur la droite, un beau canon de 75 mm, pièce d'artillerie de campagne emblématique
de l'armée française pendant la Grande Guerre, peut-être admirer.

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

JARVILLE-LA-MALGRANGE (54) - Musée du Fer : Canon de 75 mm

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mardi 7 novembre 2017

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

Le village perché d'Eulmont possède un bel édifice religieux dédié à Saint-Remy.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

La paroisse d'Eulmont semble avoir existé dès 959 au moment de la donation par Eve,
comtesse de Chaumontois, et son fils, Odalric, futur évêque de Reims, de l'église
de Lay-Saint-Christophe à l'abbaye Saint-Arnould de Metz.

A cette époque, le sanctuaire d'Eulmont dépendait de l'église de Lay-Saint-Christophe.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

Au modeste édifice du Xe siècle va succéder une église plus grande peut-être au cours
du XIIe siècle puis au XIVe et XVIe siècle.

Le 1er mai 1339, le duc Raoul de Lorraine décida de mettre le village sous sa protection.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

La construction de l’église du village a été entreprise par les prieurs de Lay-Saint-Christophe au début du 16e siècle. L’achèvement de la construction eût lieu précisément en 1518 et
elle devient annexe de Lay en 1521.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

Le 21 juin 1708, l'évêque de Toul détacha l'église d'Eulmont de celle de Lay-Saint-Christophe,
en l'érigeant alors en église succursale. Le 21 juillet de la même année, le prieur
de Lay-Saint-Christophe, le célèbre Dom Calmet, se plaignit de ne
plus recevoir les dîmes d'Eulmont.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Clocher - Les différents niveaux et notamment l'étage campanaire avec ses
baies géminées en arcs brisés à oculus. La toiture est à quatre pans.
EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

A la base du clocher du XIVe siècle, l'architecture du XIXe siècle a percé un portail
néo-gothique en tiers-point avec un tympan figurant le baptême de Clovis par Saint-Remi.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Portail du clocher - Tympan affichant le baptême de Clovis par Saint-Remi de Reims

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

Vers 1521, un nouveau portail latéral de style renaissance, placé sur le mur sud,
 permettait aux croyants d'accéder à l'édifice.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Porte renaissance rectangulaire à piédroits moulurés à losange à pointe de diamant

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Chevet du XVe siècle à pans coupés et contreforts

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

Le vaisseau se compose d'une nef centrale et de deux bas-côtés voûtés sur croisées d'ogives.

Cet ensemble partiellement du début du XVIe siècle a été largement repris au XIXe siècle.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

Le chœur est de style gothique flamboyant du XVe.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

L'orgue placé sur la tribune au-dessus de l'entrée, a été construit en 1842 par Nicolas-Antoine Lété,
et restauré en 2000 et 2001 ; il le seul instrument connu avec un clavier de 56 notes.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Bas-côté nord
EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Bas-côté nord avec son voûtement sur croisées d'ogives à clefs
EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Bas-côté sud - Autel dédié à la Vierge (XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Bas-côté nord - Autel (XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Chœur voûté en étoile et à liernes et tiercerons (XIVe-XVe siècles)
EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Chœur - Clef de voûte en étoile fleuronnée

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Chœur - Clef de voûte au blason armorié d'un évêque

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

Les fenêtres gothiques sont pourvues de vitraux très colorés, œuvres du maître-verrier
Georges Gross de Nancy. Ils datent de la seconde moitié du XXe siècle et
reprennent des thèmes bibliques et religieux.

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)

EULMONT (54) - Eglise Saint-Remy (XIVe-XIXe siècle)
Cuve baptismale du XVe siècle
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