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mardi 3 octobre 2017

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

L'église Saint-Étienne de Saint-Mihiel conserve une œuvre d'exception montrant toute la
maturité d'un sculpteur remarquable : le Sépulcre de Ligier Richier.

Ligier Richier, né vers 1500 à Saint-Mihiel et mort à Genève en 1567, était un sculpteur lorrain
du début de la Renaissance, attaché à la cour de Lorraine et de Bar.

Le sépulcre apparait sur la première liste des monuments historiques de 1840
établie par Prosper Mérimée.

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

Ce sépulcre constitue sa dernière œuvre connue, sculptée entre 1554 et 1564 dans du calcaire
micritique fin, homogène, dense et tendre.

Il a été installé dans une chapelle de l'église Saint-Étienne, vraisemblablement par son fils,
Gérard, au moment où Ligier Richier quitte la Lorraine pour Genève.

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier


 A la Révolution française, l’œuvre a été cachée sous du foin et replacée
dans l'église Saint-Étienne en 1797.

Ce sépulcre a fait l'objet de restaurations notamment en 1810 par Claude-François Mangeot,
en 1838 par Brun et en 1968 par Maxime Chiquet ; celles-ci ont malheureusement
aggravé l'état de l’œuvre en appliquant de grandes quantités de plâtre.

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

En 1996, une étude préalable à sa restauration a été engagée ; elle a ainsi révélé la présence
de morceaux de plâtre et de goujons en os de mouton. Le sépulcre est également
attaqué par les remontées d'eau capillaires du sol et par des infiltrations anciennes
(le plâtre est constitué par la cuisson et le broyage du gypse, une roche tendre et saline.)

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

En 2000, le sépulcre est retiré de sa chapelle pour être restauré.

En août 2007, il a été replacé après l'assainissement la chapelle opérée sous la direction de
Pierre-Yves Caillault, architecte en chef des Monuments historiques.

En 2012, l'ensemble a été numérisé pour parer à de nouvelles dégradations.

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

Ce sépulcre présente treize personnages plus grands que nature.

On reconnaît ainsi le Christ porté par Joseph d'Arimathie et Nicodème ; Marie-Madeleine lui baisant
les pieds ; la Vierge Marie soutenue par Saint-Jean et une autre femme (Marie-Cléophas) ;
deux femmes, l'une préparant le linceul et l'autre portant la couronne d'épine (la première est
Marie-Salomé ; et l'autre, Véronique ou Jeanne la Myrophore selon les sources)
un ange tenant les instruments de la Passion ; un centurion et deux légionnaires jouant aux dés.

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Joseph d'Arimathie, Nicodème et Marie-Madeleine entourant le corps du Christ

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Joseph d'Arimathie soutenant le haut du corps du Christ
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Le visage du Christ les yeux clos, barbu et chevelu
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Joseph d'Arimathie avec sa barbe ondulée bien fournie ; il porte un turban
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Joseph d'Arimathie tenant les épaules du Christ et une femme tenant la couronne d'épines

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Femme tenant et regardant la couronne d'épines portée par le Christ ;
il s'agirait de Sainte-Véronique ou Jeanne la Myrophore selon les sources
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Nicodème soutenant les jambes du Christ et Marie-Madeleine s’apprêtant à baiser ses pieds

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Marie-Madeleine penchée vers les pieds du Christ qu'elle souhaite embrasser
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Visage de Nicodème avec sa barbe ondulée et bien fournie ; il porte un turban au diadème central
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
L'ange, la tête penchée, les ailes légèrement entrouverte les mains jointes, garde
les instruments de la Passion du Christ (croix, fléau...)
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
La Pâmoison de la Vierge : Saint-Jean et Saint-Marie-Cléophas soutiennent la Vierge Marie
qui défaille face aux corps sans vie de son fils
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Sainte-Marie Cléophas soutenant la Vierge en posant sa main sur son buste

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Visage de Sainte-Marie Cléophas avec sa coiffe à torsades
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Saint-Jean rattrapant sous les aisselles la Vierge Marie défaillante

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Visage glabre de Saint-Jean au cheveux bouclés
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Visage de la Vierge Marie penché vers son fils ; un voile couvre sa tête

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Femme, identifiée comme Sainte-Marie Salomé, préparant le linceul du Christ
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Visage de la femme s'occupant du linceul du Christ
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Légionnaires jouant aux dés pour savoir qui gagnera la tunique du Christ
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier

SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
Centurion
SAINT-MIHIEL (55) - Le sépulcre de Ligier Richier
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Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine - 2017 © Tous droits réservés

mardi 5 septembre 2017

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Le Musée Georges de la Tour de Vic-sur-Seille conserve dans ses collections de sculpture
médiévale et renaissance, une œuvre d'exception : la Pâmoison de la Vierge.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Attribuée dès sa découverte au célèbre Maître de Chaource lors de la construction d'une
maison, en 1990, sur un terrain jadis occupé par l'ancienne collégiale Saint-Étienne ,
cette Pâmoison de la Vierge appartenait à une mise au tombeau du XVIe siècle.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Les visages émaciés et les cheveux de Saint-Jean et de la Vierge rappellent effectivement l’œuvre
du Maître de Chaource, mais des éléments sculptés, notamment les galons perlés et
les inscriptions sur fond de quadrillage, font immédiatement penser à deux autres
maîtres : Jean Crocq et Mansuy Gauvain, sculpteurs lorrains.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Cette œuvre et l'ensemble de la mise au tombeau disparue sont peut-être le fruit
d'une collaboration entre les maîtres !

On peut aussi imaginer que l'auteur de cette Pâmoison est un sculpteur ayant
fréquenté les ateliers du Maître de Chaource, de Jean Crocq et de Mansuy Gauvain.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

La tête penchée en avant et sur la droite, la Vierge entrouvre la bouche, trois larmes
s'échappent de son œil gauche et coulent sur sa joue ; le Maître de Chaource
n'a jamais fait figurer de larmes sur ses sculptures connues

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)
Les mains jointes avec les doigts imbriqués et les pouces croisés rappellent
celles de la mise au tombeau du Maître de Chaource
VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

La disposition des cheveux du Saint-Jean, notamment les deux mèches sur le front
rappelle immédiatement les œuvres du Maître de Chaource.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Par contre, comme pour la Vierge, des larmes sont figurées sur le visage de Saint-Jean,
ce que l'on ne trouve jamais dans les sculptures connues du Maître de Chaource.

 Mise au tombeau du Maître de Chaource - Le Saint-Jean arbore une
coupe de cheveux très semblable avec ses deux mèche sur le front.

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)

Le galon perlé à l'inscription sur fond de quadrillage qui décore le col de Saint-Jean
fait plutôt penser aux réalisations de Jean Crocq et de Mansuy Gauvain.

Détails des galons de la pietà de Pont-Saint-Vincent (à gauche et attribué à Jean Crocq)
et de la Vierge de l'Annonciation (à droite et encore attribué à Jean Crocq)
 Vierge au Manteau ou Notre-Dame de Bonsecours attribuée à Mansuy Gauvain ;
le galon est semblable à ceux de Jean Crocq
(Conservée à l'église Notre-Dame de Bonsecours de Nancy)

Détails du manteau de la Vierge à l'Enfant attribué à Jean Crocq
 (conservé au Musée National du Moyen-Age)

VIC-SUR-SEILLE (57) - Musée Georges de la Tour : La Pâmoison de la Vierge (XVIe siècle)
La longue chevelure de Saint-Jean

A ma connaissance et au regard de ses œuvres connues toutes visibles dans l'Aube,
le Maître de Chaource n'a jamais exercé ses talents au-delà de Joinville et de la Champagne.

Il faut donc imaginer que cette Pâmoison de la Vierge est l’œuvre d'un disciple du
maitre champenois mais pas seulement car il a fait figuré des éléments
empruntés aux maîtres lorrains : Gauvain et Crocq.
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